Publié par La Redaction mis à jour le 04/09/20

Les Réseaux de distribution d’engrais au Togo : comment sortir de l’impasse ?


La croissance démographique dans le monde, en Afrique et particulièrement au Togo entraine sans doute l’augmentation des « bouches à nourrir ». Les besoins en nourritures ne peuvent être satisfaits que par la production agricole efficiente.
Devant les populations humaines qui croissent sans cesse, se trouvent les ressources naturelles (sols fertiles) stables voire décroissantes, qui de jour en jour, se dégradent par les activités humaines.
Les ressources agricoles s’heurtent à toutes sortes de « pestes » ; et particulièrement les sols agricoles sont continuellement appauvris par les agressions humaines qui impactent fortement l’environnement.
Les engrais chimiques ou organiques sont alors indispensables pour renforcer la qualité des terres cultivables. A vrai dire le créneau qu’offre le commerce des engrais est très porteur. Et comme tout créneau porteur il faut un bon système d’organisation et de régulation du segment pour éviter les dérapages. C’est justement ce dérapage constaté dans la distribution des engrais au Togo qui a occasionné la sortie du ministre en charge de l’agriculture pour tenter de mettre fin à l’importation illicite d’engrais. Pour l’histoire nous allons tenter aussi de parcourir le rapport d’étude du secteur des engrais au Togo établi le 31 octobre 2013 par le Projet d’appui au secteur agricole (PASA).
En effet « Noël Koutera Bataka, ministre en charge de l’agriculture au Togo veut mettre un terme au commerce illicite d’engrais. « Il m’a été donné de constater des réseaux informels d’importation d’engrais de qualités douteuses qui alimentent des circuits illicites de distribution sur le territoire togolais », a-t-il relevé. Avant de préciser que cette activité se fait « au mépris de la réglementation en vigueur, avec de graves conséquences sur les sols, l’environnement et la santé des populations ».
Les auteurs de ces actes, « s’exposent désormais à la rigueur de la loi », tranche le ministre. Il rappelle via un communiqué, que l’importation et la distribution d’engrais minéraux et organiques obéissent à une réglementation en vigueur et dans l’espace CEDEAO. Notamment l’obligation de disposer d’un agrément professionnel avant toute activité de fabrication, d’importation, de conditionnement et de distribution des engrais.
Afin d’éviter ces développements, un appel est lancé aux producteurs agricoles à se prémunir de tout danger et à collaborer avec les services officiels pour lutter efficacement contre la prolifération des réseaux de distribution de ces engrais. » avait publié la rédaction de TOGO First.
 Toutefois le rapport de l’étude initié par le (PASA) nous renseigne qu’ « Au Togo, la consommation d’engrais est très faible. Elle 7 kg/ha contre 50 kg/ha attendu par l’Union Africaine (UA) et le NEPAD dans chaque pays africain à l’horizon 2015. La proportion de la superficie cultivée recevant les engrais n’est que de 16%. Ce niveau de consommation ne permet pas d’améliorer la fertilité des sols du pays et d’accroître la productivité agricole. Il est également noté que l’environnement actuel des affaires n’est pas favorable à une participation efficace du secteur privé dans un marché d’engrais considéré comme libéralisé au Togo. A ce jour, la distribution d’engrais dans le pays est gérée et centralisée par des services de l’Etat. Malgré la libéralisation du secteur, annoncée depuis longtemps, la participation du secteur privé n’est pas très visible.
C’est pour favoriser une forte implication du secteur privé dans la gestion de la commercialisation des engrais, qu’une étude a été menée par le Projet d’Appui au Secteur Agricole (PASA). Cette étude veut définir, les politiques, les réformes et les mesures à prendre en vue d’un développement durable du marché des engrais, axé sur l’intervention du secteur privé. De façon spécifique, l’étude devrait :
 Faire un diagnostic du marché des engrais au Togo, en particulier par une analyse des politiques en matière d’intrants agricoles dans le pays, une analyse de la structure, du fonctionnement et de l’environnement institutionnel du marché des engrais ;
 Proposer un mécanisme pour administrer les subventions des engrais par l’État et les autres acteurs du développement, sur la base d’un système optimal de subvention tel que les coupons ;
 Proposer des actions pour renforcer le secteur privé et ses réseaux de distribution en prenant notamment en compte les questions de formation et de financement de l’ensemble de leurs opérations ;
 Proposer un plan d’action opérationnel de mise en œuvre de la stratégie d’appui aux engrais assorti de projets de textes législatifs et réglementaires correspondants, devant conduire à la mise en œuvre effective de la stratégie pour la campagne 2014-2015.

Les résultats de l’étude montrent qu’au Togo, le financement constitue un goulot d’étranglement pour le secteur privé.
L’achat et la vente des engrais requièrent un financement important à cause des prix élevés des engrais déjà au niveau des négociants à l’étranger. Les importateurs togolais n’ont pas accès au réseau bancaire utilisé par les fabricants/fournisseurs et négociants internationaux pour le commerce des engrais.
Les barrières subtiles posées par les cartels du commerce international déjà établis, le faible volume des commandes et l’absence de relations commerciales sûres pour bénéficier du crédit limitent les importateurs nationaux et les confinent dans le rôle de commissionnaires en marchandises.
L’absence d’un fonds de garantie stable et accessible, pour appuyer le secteur privé naissant par des crédits à des taux d’intérêt bonifiés, est une contrainte financière lourde pour l’approvisionnement et la distribution des engrais au Togo.
Parmi les autres contraintes de l’offre, les plus importantes concernent le transport, l’insuffisance des magasins centraux face aux besoins, la quasi-inexistence de magasins villageois, le manque de ressources humaines qualifiées pour conduire le commerce des engrais et l’accès limité des acteurs à la base à l’information du marché des engrais.
De leur côté, les producteurs eux-mêmes n’ont pas développé suffisamment d’initiatives pour améliorer leur accès à l’information du marché, malgré les possibilités qui leur sont offertes par la politique de décentralisation et d’autonomisation des organisations de producteurs (OP) fortement encouragée par les institutions publiques. Le mode de participation des organisations de producteurs (OP) au processus d’appels d’offres apparaît comme une simple figuration qui ne peut infléchir les prix de revient élevés proposés par les distributeurs actuels.
Les contraintes de la demande comprennent essentiellement la faible maîtrise technologique en matière d’utilisation d’engrais, les coûts de production élevés et l’absence de débouchés rémunérateurs pour les produits. Ces facteurs concourent à la faible rentabilité de l’utilisation des engrais.
Dans ces conditions, l’engrais revient toujours cher au producteur et la subvention publique reste coûteuse pour l’Etat, tandis que le prix subventionné est inaccessible pour la majorité des producteurs.
L’étude recommande des dispositions pratiques au niveau de chaque maillon de la chaîne d’approvisionnement et de distribution des engrais, en vue d’améliorer le fonctionnement du marché libéralisé au Togo.

Ainsi, pour promouvoir un marché libéralisé, efficace et efficient, un arbitrage juste des règles du jeu commercial sera nécessaire. L’instauration d’un environnement concurrentiel est requise pour encourager de nouvelles méthodes de commerce d’engrais au Togo. Dans cette perspective, il est important que l’Etat soutienne la mise en place d’une Commission de Surveillance et de Promotion de la Concurrence (CSPC) qui va réguler le marché libéralisé sur la base d’une politique des engrais claire.
Cette politique doit reposer sur une réglementation nationale actualisée en accord avec (i) les nouvelles prescriptions conjointes CEDEAO/UEMOA en matière de commerce d’engrais en Afrique de l’Ouest et (ii) les ambitions de croissance de l’économie togolaise telles que spécifiées dans la Stratégie de Croissance Accélérée et de Promotion de l’Emploi (SCAPE).
Le secteur privé devra lui aussi s’approprier ces prescriptions et renforcer ses capacités commerciales.
Les capacités financières, techniques et opérationnelles du secteur privé seront renforcées par la création du Fonds pour le Financement du Secteur Agricole (FFSA), alimenté par l’Etat togolais et d’autres partenaires. Il sera aussi procédé à l’institutionnalisation du Pool Bancaire National d’appui au commerce des engrais au Togo ainsi que la formation des opérateurs commerciaux dans les techniques de négociations commerciales, de conquête du marché et de recherche de financement. En outre, Il y aura, l’opérationnalisation du mécanisme africain de financement des engrais de la Banque Africaine de développement (BAD), ainsi que l’exploration d’autres fonds spéciaux tels que ceux de l’African Fertilizer Association Partnership (AFAP).
Il faudra également redynamiser et professionnaliser les organisations de producteurs agricoles. Il faut qu’elles puissent avoir accès directement aux importateurs privés afin d’organiser elles-mêmes la satisfaction de leur besoins dans un partenariat commercial franc et ouvert.
La validation des résultats de cette étude permettra la mise au point de structures fortes pouvant réguler le secteur des engrais et favoriser une pleine participation des acteurs du secteur privé ».

Pour règlementer les réseaux de distribution des engrais et proscrire tout commerce illicite il serait important de vulgariser encore plus les recommandations assorties par cette étude.



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